Peut-on envisager sereinement que se choquer, s'offusquer d'entendre des choses que l'on considère inacceptable soit autre chose qu'un désaccord conceptuel strictement intellectuel, ou vertueux ? C'est-à-dire, puis-je accepter qu'une réaction de ma part lorsque je me sens scandalisé puisse, au-delà de la gravité d'un sujet, être une opportunité que cet évènement extérieur à moi-même me donne afin de scuter, regarder, travailler encore et encore ma vie intérieure ?
Prenons un exemple, et parlons du concept tant revendiqué de nos jours verbalement, peut-être tellement qu'il ne puisse s'exprimer factuellement que de moins en moins au regard de sa transformation en argument d'autorité, à savoir le respect.
Je souhaite établir une relation interindividuelle saine, quelle qu'elle soit et quelle que soit le champs d'activité personnel dans lequel cette relation va exister. Je vais, pour que ceci puisse se concrétiser, commencer par adresser à mon interlocuteur un message, soit un message verbal, un échange poli, courtois et diplomate, ou soit un message non-verbal à travers un comportement, des gestes que je maîtrise et que je réalise consciemment et délibérément. Deux réponses sont possibles : soit je reçois un retour égal, soit je ne reçois pas un retour égal, c'est-à-dire une absence de retour ou un retour non basé sur une réponse égale de critères de courtoisie, de politesse et de diplomatie.
Autrement dit, j'envoie une sorte de courant relationnel qui soit va revenir, soit restera lettre morte. S'il revient et que je reçois un retour respectueux, un courant constitué par un double mouvement est construit, constitué. S'il ne revient pas et que, par exemple, le vis-à-vis renvoit une réaction brutale, impolie, arrogante basée sur une satisfaction d'être respecté mais qu'il se dédouane de tout sentiment de devoir faire la même chose, même si un rang hiérarchique lui donne l'impression d'une légitimité, alors le respect n'existe que dans un seul sens.
Et là, précisément, nous pouvons dire qu'alors le respect n'existe pas, car le respect est un courant de quelque chose qui n'existe, qui ne peut exister et ne se construire, que dans la dualité, dans la circulation double d'un mouvement dans un sens complété par un autre mouvement en sens inverse. Sinon, un mouvement de respect qui ne part que d'un coté et ne revient pas par l'autre n'est pas du respect, mais un rapport de domination. Quel rapport avec la comparaison entre un plan quantique et un autre non quantique ?
Observons la structure d'un courant d'énergie magnétique. Précisément similaire, à partir de deux pôles, un courant part de l'un vers l'autre, et est appelé conventionnellement "positif". Un autre courant, identique mais en sens inverse, est lui appelé, toujours par convention, " négatif". Jusque là, rien d'original. Mais nous pouvons, à cet endroit, noter qu'une différence singulière distingue ce plan quantique de notre niveau de conscience à notre échelle non-quantique : dans le premier cas, si dès le départ un des pôles n'est pas en mesure d'émettre l'envoi parallèle, la réponse identique et inverse d'un courant positif ou négatif, alors rien ne se passe, rien ne démarre et aucune relation ne se produit. Comme si tout était su par avance, et que ce qui résultait d'un autre type de relation ne pouvait pas exister dans les règles de ce plan d'existence.
A notre échelle, c'est tout différent : même en l'absence de capacités de réponse parallèle à un courant de respect envoyé par un pôle, la relation peut malgré tout s'établir, quitte à être malsaine, improductive à quelque échelle d'énergie ou de conscience que ce soit.
Sans approfondir davantage l'analyse afin de rester dans le cadre de longueur d'un article de blog, quelle conclusion simple peut-on en tirer ? Peut-on seulement en tirer quelque chose d'intéressant sur le plan qui, dans le cadre des sujets philosophiques qui nous intéressent ici, puisse nous servir à quelque chose dans le travail que nous cherchons à faire sur nous-mêmes dans le cadre des concepts de l'astrologie humaniste, et de la psychologie des Profondeurs ? ou tout cela n'est-il que tergiversations inutiles ?
Je tente, dirais-je de manière expérimentale, cette voie de réflexion. Chaque plan de conscience offre diverses possibilités de développement, et chacun de ses ensembles de possibilités induit par nature ses propres limites structurelles d'expérimentation. La possibilité qu'un plan peut offrir d'expérimenter des voies non conformes au règles de fonctionnement d'un plan inférieur peut induire pour la conscience qui l'expérimente une impression d'un désordre, de possibilités de développement indésirables qui semblent chaotiques, voire malsaines.
Est-il cohérent d'hypothéquer que si un être fictif, existant dans la conscience des règles établies dans le sous-plan du microcosme quantique, pouvait observer des manifestations appartenant au plan supérieur de notre univers macrocosmique pour lui, alors il ne saurait y voir autre chose, ni y comprendre quoi que ce soit de plus que ce que nous-mêmes sommes capables de comprendre aux raisons qui poussent une particule à être, avant même l'initiation de son mouvement, une onde ou une particule ?
Mais dire cela, en quelque sorte, c'est reposer l'illustration présentée par Henri Bergson du cône fictif qui traverserait une feuille de papier, et comment des êtres en deux dimensions percevraient ce qui, de leur point de vue, ne pourrait que relever du miracle ! un point qui apparait mystérieusement, se transforme en cercle qui s'élargit et disparait d'un coup quand le cône termine par sa base, de franchir la feuille ...
Bref, la possibilité qui nous est donnée d'établir des relations qui peuvent être ou ne pas être respectueuses représente un défi propre à notre dimension, à notre plan de conscience. Il semble dès lors possible, au-delà de toutes les complications et les complexités qui surviennent dans le développement cyclique de la vie psychique et psychologique d'un individu, de se demander ce qu'il en est du rapport de domination dans son expression la plus basique, celle qui régit le plan de la vie impulsive et biologique, ou animale, de l'être humain. Ce rapport strictement biologique, mais aussi dès lors strictement unipolaire dans la considération d'une certaine circulation d'énergie, semble porter l'incohérence d'un phénomène non-naturel sur un plan qui est cependant et à priori le plus naturel qui puisse être pensé sur le plan de notre échelle matérielle non-quantique.
Dès lors, le rejet d'un ensemble de choses classées farfelues, canular ou par d'autres qualificatifs synonymes, par le matérialisme d'un esprit scientifique strictement borné à des observations expérimentales objectives est-il toujours pertinent, ou les domaines empiriques propres aux sciences humaines et plus généralement du vivant peuvent-ils prétendre développer leur propres logiques conceptuelles ?
Par exemple, j'observe une chatte qui apprend un ensemble de choses à ses chatons. Je la vois, dans un salon constitué de deux anciennes pièces rassemblées par une ouverture cirulaire dans le mur, apprendre à ses chatons à franchir quelque chose qu'ils regardent juste à cet endroit du bout de mur disparu, quelque chose dont ils ont peur, et que leur mère leur apprend à ne pas craindre. Ils sautent tour-à-tour en fermant les yeux, puis se retournent pour voir ce qu'il s'est passé. Que voient-ils ? Que peuvent voir les chats que je ne peux pas voir par rapport à ce morceaux de mur disparu dont il semble pour eux rester quelque chose sur le plan énergétique ? Ici précisément, le scientifique va sourire "gentiment", penser que je fabule et qu'il n'y a là rien d'intéressant. Moi je vois la preuve dans le comportement de ces animaux qu'il y a quelque chose que je ne peux pas voir, et que l'on ne sait pas encore fabriquer de machines pour le mesurer. Je regarde le réel, je regarde autre chose que des écrans, ou des expériences isolées dans un laboratoire, et je vois que ces chats me démontrent l'existence de ce que l'on appelle les ondes de forme, à travers le fait, qu'à bien les observer, un soeuvrage de chaton ne consiste pas seulement en l'apprentissage basique de la chasse et des comportements de survie, mais aussi de comprendre ce que leur organisme leur permet de percevoir, et qu'il ne nous est pas permis, à nous, d'en faire autant. Voilà pourquoi un humain ne peut pas remplacer une mère pour ces chatons. Est-ce déjà là une forme de respect ? Le respect du vivant dès lors peut-il être une voie d'évolution vers de nouvelles dimensions scientifiques ?
C'est-à-dire, par cette question, en arrive celle-ci : sommes nous à l'aube de nouveaux paradigmes de conscience, scientifiques et, bien que le mot engendre des gènes et des complexes de nos jours, sommes-nous à l'aube d'un renouveau des considérations spirituelles de l'Humanité ?