Introduction
Il est souvent étonnant de se rendre compte que les aspects et configurations particulières observables dans notre discipline permettent bien des fois d'établir certains liens qui, n'en déplaise aux contradicteurs bornés, établissent des cohérences qui sont, et seront au fur et à mesure de l'accumulation de leurs observations, de plus en plus nombreuses ; et le seraient encore bien plus si des structures sérieuses existaient en astrologie qui, au-delà de présentations destinées à valoriser telle ou telle analyse personnelle d'un commerce particulier, seraient structurées à but non lucratif et d'utilité publique. Malheureusement, le but non lucratif est un sujet de moins en moins à la mode, sans détournement de fonctions, dans un monde matérialiste si orienté sur l'accumulation sans fins de richesses.
Le cadre du champ d'observation
Certains éléments précis permettent de répondre à la question-titre de cet article. Commençons par considérer le cadre qui sera notre champs d'observation : le cycle de Neptune et de Pluton.
Ce cycle dure un peu moins de cinq-cents ans, 497 ans. Nous allons nous focaliser sur la dernière conjonction en date du cycle de ces deux planètes, c'est-à-dire celle de 1891-1892 ( sur deux ans en rapport à la phase de rétrogradation qui induit en fait trois conjonctions, deux en marche "avant", directe, et une en marche "arrière", rétrograde. Mais ceci est une étude analytique spécifique hors de notre sujet ici ). Commençons, avant d'entrer dans cette relation particulière, par mettre en avant un évènement particulier dans la vie de Pluton. Son orbite est une ellipse beaucoup plus allongée que celle de l'orbite des autres planètes, ce qui conduit à un phénomène dont seule Pluton est l'objet. Par ce fait, à un certain endroit de son orbite, elle est plus proche du Soleil, et donc de la Terre, que ne l'est Neptune. Ce phénomène se produit lorsque Pluton approche le signe du Scorpion. Elle entre dans l'orbite neptunienne. Cela conduit , puisqu'elle est alors plus proche que Neptune, qu'elle est perçue depuis notre point d'observation terrestre comme plus rapide que cette dernière. Elle accélère progressivement jusqu'à atteindre le point de rapprochement maximal, point de sa vitesse maximale dans notre zodiaque, puis entame la deuxième moitié de cette période en se rapprochant du point où Pluton va sortir de l'orbite Neptunienne et reprendre sa place à son extérieure, ce qui conduira à ce que sa vitesse, son pas journalier, se réduise à nouveau, Neptune redevenant ainsi plus rapide qu'elle.
Conséquences sur l'aspect
Une fois ce processus bien compris, un autre phénomène, une conséquence, qui en découle est à percevoir. A l'entrée de Pluton dans l'orbite Neptunienne, soit au moment du début de son accélération, ces deux planètes forment un certain aspect. Dès lors que Pluton commence à accélérer, la progression de cet aspect en cours de constitution se ralentit elle aussi. L'aspect, au lieu de continuer à croitre, commence à revenir en arrière comme Pluton accélère et rattrape Neptune. De l'entrée dans l'orbite neptunienne, phases d'accélération et de ralentissement incluses, l'aspect se contracte en dessous de sa valeur d'entrée, ici 60°, jusqu'à ce que le point de sortie soit atteint. Au mi-point de cette pénétration, un point de stabilisation de l'accélération s'installe quelques temps lorsque Pluton arrive à son point maximal de pénétration, puis se dirigeant vers la sortie, la contraction de l'aspect continue, mais ralentit jusqu'à une phase de stabilisation. L'aspect va retrouver sa valeur angulaire initiale du moment du point d'entrée de Pluton dans l'orbite Neptunienne plus tard, lorsque la vitesse de Pluton étant redevenue inférieure à celle de Neptune, celle-ci aura repris son avance.
Il s'agit, en quelque sorte, d'un phénomène de rétrogradation qui, au contraire de celui de la rétrogradation habituelle, n'est pas dû à un phénomène d'illusion d'optique, mais à un fait concret authentique.
L'un dans l'autre
Maintenant que nous avons expliqué ceci, et si vous avez bien pris le temps de le projeter et le visualiser sur le tableau noir de votre imagination, nous pouvons l'introduire dans le cycle Neptune-Pluton de 1891-1892 et observer ce qu'il se passe alors.
1892, la troisième conjonction de Neptune et Pluton, soit la seconde en marche avant, se produit. Le cycle se poursuit normalement. L'endroit du zodiaque où se produit le phénomène décrit ci-dessus, par rapport au degré du zodiaque de la conjonction initiale, va nous permettre de déduire l'endroit du cycle de ces deux planètes, c'est-à-dire l'aspect angulaire, qui sera touché par ces conséquences. Tout se déplaçant progressivement dans notre système solaire, ce phénomène en fait autant, et, si pour le moment c'est le signe du Scorpion qui est touché, ce déplacement très lent engendrant un cycle multi-millénaires, voir même plus, les autres signes verront arriver "chez eux" le dit phénomène, tôt ou tard. Ce qui fait que l'aspect du cycle global qui sera touché par ces conséquences va changer lui aussi au fil du temps. Aujourd'hui le sextile croissant, dans quelques milliers d'années le trigone, puis l'opposition etc ... Ainsi dans le temps long, de nouvelles phases de développement cycliques concernant les activités fonctionnelles liées symboliquement à ces deux planètes seront l'objet de ce phénomène. Et donc, de même des phases de ce processus de développement cyclique dans la vie de l'Humanité et de la Terre, en tant que, comme la qualifiait Rudhyar, l " Etre- Planète".
Pour le moment, c'est l'aspect de sextile croissant du premier hémicycle qui est concerné. Ce qui signifie que, pour reprendre la progression de notre duo cyclique, en 1955 lorsque ce sextile se forme entre Pluton et Neptune, il va stagner lentement au fil des années, s'arrêter à un point de recul maximal et puis repartir en marche avant, jusqu'à retrouver cet aspect initial de sextile dont la progression s'est arrêtée en 1955.
...et donc, 2030 dans tout ça ?
Et je vous donne en mille à quelle date ce retour se produira ? ... Oui, vous l'avez deviné : 2030 ! Il faut cependant cerner le contexte de déroulement du processus cyclique de ces astres lents, et tenir compte du fait que ces planètes avancent dans le zodiaque par " à-coups", années après années, du fait de la rétrogradation. C'est-à-dire que, pour être plus précis et pertinent, il s'agit de considérer la répétitivité progressive d'une période plus qu'un moment précis d'aspect angulaire à un "instant T".
Par exemple, le sextile de Pluton et Neptune, accompagné du trigone d'Uranus à Pluton ( et donc du sextile à Neptune en même temps ...), se produira entre Juillet et Octobre 2026, mais aussi chaque année jusqu'en 2030. Et du fait particulier cité ci-dessus, la rétrogradation, il va aussi se défaire chaque année vers Octobre , revenir en arrière sur ses pas pour se reconstituer en Juillet de l'année suivante.
Cette manière progressive de se constituer, par à-coups jusqu'à la formation définitive où le recul annuel ne se fera plus sur une valeur angulaire inférieure à l'aspect considéré, est le fait marquant de 2030, et doit être gardé à l'esprit dans cette compréhension des choses. Ce qui est par ailleurs très intéressant et instructif dans l'observation parallèle des faits dans lesquels nous sommes plongés collectivement, année après année !
Il semble que l'astrologie dont personne ne veut parler ouvertement ni même accepter publiquement jusqu'à même de prononcer ce mot soit, malgré tous ces dénis, mais aussi il faut bien l'avouer malgré une grande partie de contenus non pertinents et uniquement commerciaux et racoleurs, une plage d'organisation fiable pour certaines personnes, et de manière occulte, de toute évidence ! Bref ...
Mais cette supposition que nous induisons à travers cette remarque n'est pas une conjecture affabulatoire, au regard du sens qui est symboliquement lié à cet aspect, suivant le symbolisme établi par Dane Rudhyar. Le sextile, aspect de soixante degrés, est un symbole d'organisation, de mise en ordre, de construction. Croissant, les choses se structurent, s'organisent, comme les fonctions vitales et organiques du bébé à l'étape "Taureau" de son développement ( Taureau est le second signe du zodiaque, équivalent symbolique dans son cadre conceptuel de l'aspect de 60°, à l'entrée du signe des Gémeaux, lorsque sont accomplies les deux polarités masculine et féminine complémentaires "Bélier-Taureau" ). Décroissant, alors à l'inverse, c'est la fin, les choses se désorganisent, se décomposent, comme les déchets végétaux du cycle saisonnier finissant au moment ultime de l'hiver à l'entrée dans le signe du Verseau, à 60° du point de la nouvelle conjonction, ou de celui du prochain printemps.
Depuis 1955, chacun suivant son niveau de connaissance personnelle de l'Histoire, à travers ses différentes disciplines d'application, l'économie, la finance, les mouvements sociaux, politiques etc ... pourra se rendre compte que nous somme alors entrés dans une tentative d'organisation, ou de réorganisation du monde à une échelle globale qui, nous le voyons avec tous les évènements et bouleversements qui se produisent sous nos yeux en ce moment, touche un moment critique.
Conclusion
Ce n'est pas le sujet ici de commenter plus avant les conséquences potentielles envisageables ainsi que les suites possibles de ces choses, nous sommes encore trop impliqués, trop "dedans" pour que cela puisse être fait avec le recul nécessaire, et ce n'est pas notre but d'engager des débats, des conflits inutiles issus des peurs et des sensibilités diverses de chacun. Cependant, il pourrait être salutaire de considérer et réfléchir sur le sens et la définition qu'il serait possible d'attribuer à ce phénomène. La rétrogradation, tel que l'explique Rudhyar, est un moment de retour sur sa vie intérieure, par ce qui est lié aux planètes en jeu dans le phénomène. Une période de travail sur soi, de correction de ce qui a été mal compris, mal vécu ou intégré lors des étapes passées du cycle en cours depuis l'émission d'un nouveau potentiel à la conjonction. Un moment aussi où les barrières naturelles, psychologiques au sens d'une astrologie individuelle, tombent, sont momentanément suspendues, engendrant une porosité et une fragilité extérieure temporaire qui nécessite, implique par elle-même, un renforcement des défenses plus intérieures de l'être.
Ce phénomène pourrait sembler présenter des similitudes avec ceci, mais l'origine du phénomène n'en reste pas moins différente. Nous l'avons dit, il ne résulte pas d'un phénomène d'illusion d'optique. Peut-être que cela induit un retour d'expérience d'une autre nature, en lien avec la polarité conceptuelle " objectif-subjectif", bien que cette idée spontanée ne soit pas vraiment satisfaisante, il me semble. Quoiqu'il en soit, le sujet ne fait que s'ouvrir, et le champs d'étude ne fait, lui aussi, que commencer à permettre de percevoir les possibilités d'interprétation, mais aussi de développement en conscience qui peuvent être incluses dans ce symbolisme qu'est celui de l'astrologie humaniste de Dane Rudhyar. Le symbolisme de l'astrologie du 3ème millénaire ! ( dixit )